June 3, 2025
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Au début des années 1970, Xenakis tente à plusieurs reprises de faire fabriquer un convertisseur digital/analogique pour mettre en œuvre les processus de synthèse sonore algorithmique qu’il a conçus sur le toutes premières expériences de synthèse, finalement réalisées grâce à un emprunt ponctuel de matériel informatique, trouveront une application en 1972 dans la bande électronique du Polytope de Cluny. Des solutions techniques plus pérennes, élaborées au sein du Centre d’études de mathématique et automatique musicales (CEMAMu), lui assureront ensuite l’accès à la synthèse numérique, qu’il exploitera à partir de la seconde moitié de la décennie avec la réalisation de La Légende d’Eer et l’implémentation de l’UPIC.
C’est en 1957, au sein des Bell Telephone Laboratories (Bell Labs) dans le New Jersey aux États-Unis, qu’est produite la toute première musique de synthèse – In the Silver Scale de Newman Guttman – à partir d’un programme mis au point par Max Mathews. Il faudra cependant patienter quelques années pour voir émerger les premières œuvres significatives. Le chercheur et compositeur français Jean-Claude Risset, qui travailla au sein des Bell Labs à deux reprises dans les années 1960, figure parmi les illustres pionniers de la computer music. De défricheur, il devint très vite passeur, jouant un rôle crucial dans le développement de l’informatique musicale en France. Où, quand et comment ont donc été produites les premières musiques de synthèse sur le territoire hexagonal ? Qui sont les pionniers du son numérique « à la française » ? C’est pour tenter de répondre à ces quelques questions que sont organisées ces deux journées de colloque et de concert qui seront particulièrement enrichissantes grâce à la participation de plusieurs grands témoins.